Le 29 mars 2004, l’Irlande est devenue le premier pays européen à adopter une législation créant des lieux de travail fermés et sans fumée, y compris les bars et restaurants1. Norvège (juin 2004) La Suède (2005) est sur le point d’introduire une législation similaire. Bien qu’il existe quelques exceptions mineures dans la législation irlandaise, cette mesure est révolutionnaire et revêt une importance considérable pour la santé publique. La législation brille comme un phare pour d’autres juridictions qui pourraient vouloir suivre l’exemple de l’Irlande. Il y a eu de nombreux rebondissements dans l’élaboration de la législation irlandaise. Au cours des 15 dernières années en particulier, l’activité dans tous les domaines de la lutte antitabac a contribué à créer la plateforme sur laquelle cette législation sur la fumée secondaire s’est développée. Les hommes politiques, les fonctionnaires, les syndicats et les organisations non gouvernementales ont tous joué leur rôle. Dans les années 90, le gouvernement a adopté une législation interdisant de fumer dans un petit nombre de lieux publics, mais sans application générale sur le lieu de travail2. En dépit des preuves de plus en plus nombreuses des effets néfastes de la fumée secondaire, un code de pratique purement volontaire sur le tabagisme sur le lieu de travail a été convenu entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats3. La communauté non gouvernementale de lutte contre le tabagisme, ainsi que d’autres, y compris des fonctionnaires, ont insisté pour que d’autres mesures soient prises. Les politiciens, les fonctionnaires et les syndicats ont fait l’objet de nombreuses pressions sur diverses mesures de lutte antitabac, y compris la nécessité de protéger les travailleurs contre la fumée secondaire. Les recherches internationales sur les effets du tabagisme passif sur la santé et les développements aux États-Unis ont été maintenues dans les médias4. La stratégie dominante consistait à inscrire fermement les questions de lutte antitabac à l’ordre du jour des décideurs de tous les secteurs. En ce qui concerne la fumée secondaire, la stratégie était simple: il s’agissait d’un problème de santé et de sécurité qui devait être traité en conséquence. La stratégie globale a eu un certain succès. Un document clé sur la stratégie de santé a souligné l’importance de la lutte antitabac5. De plus, des hauts responsables de la santé ont publié un document détaillé sur la création d’une société sans tabac, adopté par le gouvernement.6 Le système politique a également réagi. L’influent Comité mixte Oireachtas (Parlement) sur la santé et les enfants a examiné la question du tabagisme et de la santé. Il a demandé l’avis d’un large éventail de groupes, y compris l’industrie du tabac. L’industrie du tabac a insisté sur le fait qu’il y avait des preuves insuffisantes pour lier la fumée secondaire à toute maladie chez les non-fumeurs. Le comité a rejeté cet argument et a recommandé à l’unanimité une nouvelle stratégie antitabac, incluant des restrictions sur le tabagisme dans les lieux de travail, y compris les bars7,8. Un refus subséquent des représentants de l’industrie du tabac de comparaître devant une autre réunion du comité a miné leur capacité à faire pression sur les politiciens une fois la loi publiée. Par la suite, un bureau de lutte antitabac (www.otc.ie) a été établi par le gouvernement pour renforcer les capacités de lutte antitabac. Il s’est appuyé sur une expertise internationale sur la manière de traiter la question de la fumée secondaire et a envoyé des experts en Irlande pour que les politiciens, les décideurs, les médias et les syndicats représentant les travailleurs de l’hôtellerie comprennent la meilleure façon de procéder. La contribution de James Repace, physicien réputé de la santé aux Etats-Unis, a été particulièrement importante, estimant que jusqu’à 150 barmen irlandais pourraient mourir chaque année suite à leur exposition à la fumée secondaire.9 Une nouvelle loi sur le tabac a été publiée en 2001 ministre de la santé et des enfants le pouvoir de créer des lieux de travail sans fumée. Il a été soutenu par les partis d’opposition et a été promulgué en 2002. Les discussions se sont poursuivies sur l’étendue des restrictions sur le tabagisme en milieu de travail.Pour aider à ce débat, le Bureau de lutte contre le tabagisme et l’Autorité de santé et de sécurité ont chargé des scientifiques indépendants d’examiner l’ensemble de la preuve sur la fumée secondaire. Leur rapport concluait que la fumée secondaire était nuisible, que les employés devaient en être protégés sur le lieu de travail et que des mesures législatives étaient nécessaires.10 Leurs conclusions étaient si définitives que, lors du lancement de ce rapport en janvier 2003, le ministre de la santé et des enfants M. Martin a annoncé qu’il prendrait les mesures nécessaires pour que tous les lieux de travail fermés, y compris les bars, soient non-fumeurs le 1er janvier 2004. Rien d’étonnant à ce que des difficultés aient été rencontrées. Après de nombreuses pressions exercées par le secteur hôtelier pour obtenir l’exemption des bars et des restaurants, certains ministres se sont pliés sous la pression. Cependant, avec le soutien du Taoiseach (Premier ministre) et de la majorité du gouvernement, ainsi que des partis de l’opposition, le ministre de la Santé et de l’Enfance a tenu bon https://www.generictadalafil.net. Le ministre a également reçu un soutien important du secteur des soins de santé, des syndicats et du public tout au long du débat.11,12 D’autres préoccupations sont apparues lorsque la date de mise en œuvre a été modifiée à deux reprises en raison de la nécessité de dérogations. l’Union européenne. Bien que l’on craignait que tout cela puisse s’effondrer en raison des exemptions et des retards, le résultat final est que nous avons maintenant une loi qui est robuste et plus susceptible de résister aux contestations judiciaires. Les défis juridiques menacés par le secteur de l’hôtellerie ont disparu et un programme de mise en œuvre détaillé est en cours de déploiement à l’échelle nationale (www.otc.ie, www.smokefreeatwork.ie). Le développement de cette législation et sa mise en œuvre ultérieure soulignent la valeur d’une défense prolongée de la santé publique pour aider à l’élaboration de bonnes politiques fondées sur des données probantes. Cela montre aussi que les politiciens sont prêts, s’ils sont adéquatement soutenus, à s’attaquer aux droits acquis dans la recherche d’une meilleure santé publique.